DÉCOR’HOME · COMPRENDRE LA PEINTURE
La fabrication de la peinture repose sur une formule précise : chaque composant contribue à la couleur, à l’adhérence, à la résistance et à la facilité d’application.
Quand on ouvre un pot, on voit un liquide coloré plus ou moins épais. Pour comprendre ce qui le compose et comment il est fabriqué, voici les repères essentiels.
Qu’elle soit à l’eau, en phase solvant, minérale ou partiellement biosourcée, une peinture repose généralement sur quatre grandes familles de composants.
La fabrication de la peinture en 5 étapes
La fabrication commence par une formule précise. Chaque matière première est pesée avant d’être incorporée dans une cuve. Le procédé suit généralement ces cinq étapes.
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Dosage
Les pigments, charges, résines, eau ou solvants et additifs sont pesés selon la recette du produit.
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Dispersion
Des mélangeurs à grande vitesse répartissent les pigments et les charges pour obtenir une dispersion homogène.
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Broyage ou affinage
Selon la formulation, les particules sont travaillées pour obtenir la finesse nécessaire à l’aspect, à la couleur et au pouvoir couvrant.
- 04
Finition
Le reste du liant et les composants nécessaires sont incorporés pour obtenir la viscosité et les caractéristiques souhaitées.
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Contrôles
Avant conditionnement, le fabricant vérifie notamment la viscosité, la couleur, l’opacité, le brillant, le séchage, le pouvoir couvrant et certaines résistances mécaniques.
La fabrication industrielle repose sur une formulation chimique de précision, au-delà d’un simple mélange de pigments et d’eau.
De quoi une peinture est-elle composée ?
Le liant : le « squelette » de la peinture
Le liant, également appelé résine, est l’un des éléments les plus importants de la peinture.
C’est lui qui forme le film solide après séchage et qui maintient les pigments sur le support. Il joue donc directement sur :
- l’adhérence ;
- la résistance au lavage ;
- la dureté ;
- la souplesse ;
- la résistance extérieure ;
- l’aspect mat, velours, satiné ou brillant ;
- la durée de vie du revêtement.
Sans résine, les pigments et les charges ne resteraient pas durablement fixés au mur.
Selon le type de peinture, cette résine peut être d’origine pétrochimique, minérale, végétale ou issue d’un mélange de plusieurs origines.
Les pigments : donner la couleur et le pouvoir couvrant
Les pigments sont de très fines particules solides qui donnent à la peinture sa couleur et une grande partie de son pouvoir couvrant.
Le pigment blanc le plus connu est le dioxyde de titane. Il est particulièrement utilisé pour apporter blancheur et opacité aux peintures blanches et aux teintes claires.
Les couleurs sont obtenues grâce à différents pigments.
Ils peuvent être d’origine minérale ou synthétique. Les oxydes de fer, par exemple, permettent notamment d’obtenir de nombreux jaunes, rouges, bruns et noirs.
La quantité et la qualité des pigments jouent fortement sur le prix et les performances d’une peinture. Deux peintures blanches ne possèdent donc pas nécessairement le même pouvoir couvrant.
Les charges minérales : une part essentielle de nombreuses peintures
Les peintures contiennent également des charges minérales.
Contrairement aux pigments colorés, leur rôle principal n’est pas nécessairement de donner une couleur. Elles servent à modifier la texture, le pouvoir garnissant, la matité, la dureté ou encore la facilité d’application.
Parmi les matières couramment employées, on peut retrouver :
- du carbonate de calcium, provenant notamment du calcaire ou de la craie ;
- du talc ;
- des argiles ;
- différents silicates ;
- des matières minérales spécifiques selon la formulation.
Le carbonate de calcium, le talc et l’argile font partie des exemples courants de charges utilisés dans les peintures.
Ces matières premières minérales représentent souvent une part importante du poids d’une peinture.
Les additifs : présents en petite quantité mais indispensables
Une peinture contient enfin différents additifs.
Ils représentent généralement une faible proportion de la formule, mais ils peuvent avoir une influence considérable sur le comportement du produit.
On peut notamment utiliser des additifs pour :
- épaissir la peinture ;
- faciliter la dispersion des pigments ;
- éviter la formation excessive de mousse ;
- améliorer l’application ;
- conserver le produit dans son pot ;
- contrôler le temps de séchage ;
- améliorer la tension du film ;
- favoriser l’accrochage ;
- limiter certains défauts de surface.
Certains de ces additifs étaient historiquement majoritairement issus de la pétrochimie. Là encore, des solutions biosourcées apparaissent : certains fabricants proposent aujourd’hui des épaississants ou modificateurs de rhéologie présentant des taux élevés de matières premières renouvelables.
À l’eau, en phase solvant ou glycéro : comprendre la différence
Peinture à l’eau : l’eau n’est pas le liant
C’est une confusion fréquente.
Dans une peinture dite en phase aqueuse, l’eau sert principalement de véhicule permettant de maintenir et transporter les différents composants pendant l’application.
La résine est généralement présente sous la forme de très fines particules dispersées dans l’eau, comme dans une émulsion.
Pendant le séchage, l’eau s’évapore progressivement et les particules de résine se rapprochent puis forment un film continu qui reste sur le mur.
On retrouve dans cette famille de nombreuses peintures :
- acryliques ;
- styrène-acryliques ;
- vinyl-acryliques ;
- alkydes en émulsion ;
- certaines peintures polyuréthanes à l’eau.
Aujourd’hui, la technologie permet d’obtenir des peintures à l’eau présentant des performances très élevées, y compris pour des applications exigeantes.
Peinture en phase solvant : quel est le rôle du solvant ?
Dans une peinture en phase solvant, le liquide permettant de transporter ou dissoudre le liant est principalement un solvant organique plutôt que de l’eau.
On peut retrouver, selon les produits, différentes familles d’hydrocarbures ou d’autres solvants organiques.
Ces peintures ont longtemps été très utilisées pour les laques, les peintures glycéro, les produits anticorrosion et les peintures techniques.
Le solvant s’évapore après application et laisse sur le support le film constitué par la résine, les pigments et les autres matières solides.
Le terme « solvant » ne signifie cependant pas automatiquement « mauvais produit ». Certaines applications très techniques continuent à nécessiter des systèmes solvantés pour leurs propriétés d’adhérence, de pénétration, de résistance ou d’isolation.
En revanche, les solvants organiques peuvent contribuer aux émissions de composés organiques volatils, ou COV, ce qui explique le développement important des technologies en phase aqueuse et des formulations à teneur réduite en solvants.
Et la fameuse peinture glycéro ?
La peinture communément appelée « glycéro » utilise généralement une résine alkyde.
Les résines alkydes ont une particularité intéressante : elles peuvent être fabriquées en associant différents composants chimiques à des huiles ou acides gras.
Historiquement, certaines matières utilisées peuvent être d’origine pétrochimique, mais les alkydes peuvent aussi incorporer une proportion importante de matières d’origine végétale.
Il existe aujourd’hui des résines alkydes à l’eau fortement biosourcées.
Cela montre qu’il ne faut plus opposer systématiquement « peinture naturelle » et « peinture technologique ».
Pour aller plus loin : les matières premières issues du pétrole
Une grande partie de l’industrie de la peinture moderne s’est historiquement développée à partir de la pétrochimie.
Le pétrole n’est pas ajouté directement dans un pot de peinture.
Il est d’abord raffiné puis transformé en molécules chimiques servant à fabriquer des résines, des solvants et certains additifs.
On retrouve notamment des résines synthétiques telles que :
- les résines acryliques ;
- les résines styrène-acryliques ;
- certains polyuréthanes ;
- certaines résines époxy ;
- certaines résines alkydes ;
- différents polymères utilisés comme liants ou additifs.
Ces matières ont permis de mettre au point des peintures très résistantes, lavables, souples ou capables de protéger des supports particulièrement sollicités.
Il est important de comprendre qu’une peinture dite « à l’eau » peut elle aussi contenir une résine dont la matière première est en partie d’origine pétrochimique. Le terme peinture à l’eau décrit principalement le milieu dans lequel la résine est dispersée, et non nécessairement l’origine de cette résine.
Les matières premières biosourcées
Une matière biosourcée provient de la biomasse plutôt que directement d’une ressource fossile.
Dans le domaine des peintures, elles peuvent provenir notamment :
- d’huiles végétales ;
- du ricin ;
- de matières issues de la forêt ;
- de coproduits végétaux ;
- de certaines ressources agricoles ;
- parfois même d’huiles végétales recyclées.
Les huiles végétales peuvent notamment entrer dans la fabrication de certaines résines alkydes.
L’huile de ricin est également utilisée comme matière première pour fabriquer certaines résines ou certains additifs destinés aux revêtements.
La recherche va aujourd’hui encore plus loin : des travaux étudient par exemple l’utilisation d’huiles alimentaires usagées comme matière première renouvelable pour produire des résines alkydes.
D’où proviennent les matières biosourcées utilisées par exemple pour Ralston ?
Dans ses BIOseries, Ralston explique utiliser une technologie de liant reposant sur des huiles végétales renouvelables.
L’intérêt est de substituer une partie des matières premières fossiles utilisées traditionnellement dans les résines par des matières provenant de ressources renouvelables.
Cela ne signifie pas que 100 % du contenu du pot soit végétal. Une peinture contient toujours également des pigments, des charges minérales, de l’eau et différents additifs nécessaires à ses performances.
Pour comparer les produits, Ralston s’appuie sur une analyse au carbone 14 selon la norme NEN-EN 16640. Vérifiez toujours la référence, la base et le mode de mesure indiqués par le fabricant.
Biosourcé ne veut donc pas dire « peinture naturelle »
C’est une distinction importante pour le grand public.
Une peinture biosourcée moderne reste un produit formulé industriellement. Elle peut associer :
eau + liant biosourcé + pigments + charges minérales + additifs.
Son intérêt réside dans le remplacement d’une partie des matières premières fossiles par des ressources renouvelables, sans nécessairement modifier les habitudes d’application du peintre.
La gamme Ralston BIOseries illustre bien cette évolution : elle cherche à réduire la dépendance aux matières premières fossiles tout en conservant un niveau de performance adapté aux professionnels.
Pour comprendre la méthode de mesure, consultez les explications de Ralston sur la technologie biosourcée.
Une peinture biosourcée peut-elle être à l’eau ?
Oui.
Et c’est même l’une des grandes évolutions actuelles de la formulation des peintures.
On peut fabriquer une peinture utilisant :
une résine partiellement ou fortement biosourcée + de l’eau comme phase liquide.
Une peinture biosourcée n’est donc pas obligatoirement une ancienne peinture à l’huile ou une peinture contenant beaucoup de solvants.
Il existe aujourd’hui des liants alkydes biosourcés dispersés dans l’eau combinant forte teneur en matières renouvelables, faibles émissions et performances modernes.
Et une peinture biosourcée peut-elle être en phase solvant ?
Oui également.
Le caractère biosourcé indique l’origine d’une partie de la matière première.
Le caractère aqueux ou solvanté indique principalement la nature du milieu liquide utilisé dans la formulation.
Ce sont donc deux notions différentes.
On peut théoriquement rencontrer :
| Origine du liant | Phase aqueuse | Phase solvant |
|---|---|---|
| pétrochimique | oui | oui |
| partiellement biosourcée | oui | oui |
| fortement biosourcée | oui | oui |
| minérale | selon technologie | selon produit |
C’est pourquoi il est préférable de regarder la composition et les caractéristiques réelles d’une peinture plutôt que de se fier uniquement aux expressions « peinture à l’eau », « naturelle » ou « biosourcée ».
Les peintures minérales
Certaines peintures reposent sur des liants d’origine principalement minérale.
Les exemples les plus connus sont notamment les peintures à base de :
Leur fonctionnement est différent de celui d’une peinture acrylique classique.
Les peintures au silicate, par exemple, sont particulièrement appréciées sur certains supports minéraux pour leur compatibilité avec le bâtiment ancien et leur perméabilité à la vapeur d’eau.
Les peintures minérales possèdent donc leur propre logique de formulation et ne sont pas simplement des peintures acryliques auxquelles on aurait ajouté des minéraux.
Que reste-t-il sur le mur après séchage ?
Une fois la peinture sèche, une grande partie de l’eau ou du solvant utilisé pour permettre l’application s’est évaporée.
Il reste principalement sur le support :
la résine + les pigments + les charges + une partie des additifs.
C’est ce que l’on appelle le film sec.
C’est ce film, parfois épais de seulement quelques dizaines de microns, qui va protéger et décorer le support pendant plusieurs années.
Quelle peinture choisir pour votre projet ?
Il n’existe pas une seule famille de peinture adaptée à tous les usages.
Une peinture intérieure pour chambre, une peinture de façade, une laque sur bois, une protection anticorrosion et une peinture destinée à un sol industriel n’ont absolument pas les mêmes contraintes.
Le bon produit est donc celui dont la formulation correspond au support et à l’utilisation recherchée.
Une peinture moderne peut par exemple associer une importante quantité de matières minérales, une résine synthétique très performante, de l’eau comme phase liquide et une proportion de matières premières biosourcées.
La peinture évolue ainsi progressivement d’une industrie historiquement très dépendante des matières fossiles vers des formulations utilisant davantage de ressources renouvelables, sans abandonner pour autant les exigences de résistance, de durabilité et de facilité d’application.




